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Le Mouvement Nouvel Elan "MONE" a commencé
avec une grande conférence de presse  et a présenté son plan d'action pour les prochains mois ...


nouveau Ouvrage

IV. QUEL CONSEIL CONSULTATIF DES MAROCAINS DE L’ETRANGER « CCME » ?

Il faut peut-être rappeler, que si la mise en place du Conseil Royal Consultatif pour les Affaires du Sahara (CORCAS) est justifiée par la nécessité de réfléchir sur la mise en place d’une autonomie plus large pour nos privances du Sud, afin de résoudre un problème géré depuis plus de trois décennies par l’ONU, la mise en place du CCME ne peut avoir de sens que s’il a pour objectif d’organiser la communauté pour en faire une carte de pression politico-économique en faveur de la communauté et du Maroc.

 

Cependant, il ne peut jouer un tel rôle que s’il prend conscience de la nouvelle réalité des Citoyens Marocains de l’Etranger « CME » et leur statut ainsi que le fonctionnement des systèmes politiques des pays dans lesquels ils vivent et évoluent. Seule cette prise de conscience peut lui permettre de mesurer les paramètres politiques des attentes de la communauté et agir en conséquence. Car c’est l’ignorance de cette réalité qui a conduit au détournement de ses objectifs initiaux par ceux a qui incombait la responsabilité de sa mise en place.

 

Faut-il rappeler, qu’après une pluie de critiques sur le manque de véritables concertations et consultations, sa mise en place a conduit à la contestation et à son rejet par une large frange de la communauté. Interpellé sur ces critiques, le président du CCME répond : “quand il y a des critiques, il faut voir de qui elles émanent et que représentent ceux qui les adressent”. On peut conclure qu’au moins en ce qui le concerne, ce n’est pas l’importance du contenu des critiques qui comptent, mais ceux qui les émettent. Drôle de concept pour quelqu’un qui se dit « démocrate ».

 

Et ce n’est pas le seul dérapage, une fois le Conseil constitué, il déclare que le CCME ne représente pas la communauté. Pourtant non seulement la totalité de ses membres sont issus de la communauté, mais le souverain parlait dans son discours de novembre 2005 d’un conseil « représentatif..... et de représentativité authentique ». Une déclaration incompréhensive qui pourrait être interprétée comme une manipulation, voire comme un détournement de plus de ses objectifs initiaux.

 

Dans le même sens, alors que le souverain a fixé des priorités comme celui de se pencher sur de nouvelles modalités organisationnelles, celui d’étudier les possibilités d’une représentation politique des CME ainsi que la constitution  d’un Conseil: « ... de façon démocratique et transparente, et bénéficiant de toutes les garanties de crédibilité, d'efficience et de représentativité authentique », les responsables ont optés pour la désignation pure et simple sur des critères arbitraires et de clientélisme.

 

Pourtant, pour l’ensemble des CME, il est clair qu’il n’y a qu’une seule "façon démocratique et transparente", qui est l'élection libre et démocratique des membres du conseil y compris ses responsables. Cette volonté a été volontairement ignorée. Non seulement sa constitution n’a rien de « démocratique », mais depuis sa création, le Conseil a enchaîné colloques et séminaires superflus, au détriment de son cahier des charges initial. D’où la nécessité de rectifier aujourd’hui le tir. Car la situation actuelle exige avec urgence de définir ses nouvelles orientations, basées sur une nouvelle vision globale dans le respect des intérêts de la communauté et du Maroc.

 

Il est donc indispensable de revoir tant sa composition, sa mission que ses objectifs. En effet, il est insupportable de continuer à éloigner encore pour longtemps les organisations actives et les personnes compétentes issues de la communauté, créant ainsi des divisions au sein de la communauté. Un écartement qui a d’ailleurs –il faut le rappeler- occasionné un enlisement du processus de sa mise en place. Cet état de chose n’a pas cessé d'aliéner la confiance d’une grande majorité de la communauté en la capacité des responsables du dossier à dépasser une conception qui ne reflète ni de près ni de loin la réalité d’aujourd’hui.

 

Des responsables, qui n’arrivent pas à s'éloigner des discours démagogiques qui ne sont ni dans l’intérêt de la communauté ni du Maroc et qui continuent à ignorer que la communauté a évolué et ne correspond plus à ce qu’ils pensent ou à ce que certains "experts" veulent nous faire admettre. Ses membres ne sont pas seulement des citoyens marocains mais aussi des citoyens de leur pays de résidence, qui se sont positionnés comme des acteurs actifs dans ces sociétés. Cette réalité ne peut être aujourd’hui ignorée, au contraire,  elle doit être prise en considération dans toute orientation et actions qui se respectent.

 

En effet, la diversité de la communauté, les nombreux courants de pensée qui la traversent et ses multiples intérêts sont autant de paramètres qu’il est dangereux d’occulter. Faut-il rappeler, que c’est parce que la communauté souffre d’un manque crucial de mise en réseau pouvant lui permettre de renforcer sa visibilité et son homogénéité que le CCME a été imaginé, afin de jouer un rôle vital et dynamique et combler cette lacune. Il a aussi été imaginé pour permettre à la communauté de se retrouver dans des espaces qui lui permettent de gérer son potentiel synergique et d’améliorer ses outils et ses actions, afin de ramener un large soutien et une plus grande sympathie, tant à son égard qu’à l’égard du Maroc.

 

Il a été également imaginé comme espace rassemblant la quasi-totalité des élites de la communauté, toutes professions et disciplines confondues, en les organisant tant au niveau de leur pays de résidence qu’au niveau européen, voire mondial. C’est de cette façon que la communauté peut devenir une force de propositions pour les pays de résidence et d’origine. Car si ses atouts sont nombreux et stratégiques, les moyens et les stratégies qui doivent aller de pair avec ces atouts lui font toujours défaut, d’où l’importance du CCME.

 

Le manque de cet espace est non seulement un handicap majeur pour le développement d'une politique bi-nationale efficace, mais également à leur implication dans le débat sur les questions qui engagent le devenir de la société marocaine dont ils sont partie intégrante. Mais, au lieu d’être une institution au service de la communauté et du Maroc, le CCME est devenu une officine de recyclage, de reprise et de duplication des activités. En effet, l’islam, la féminisation de la migration et dernièrement la crise qui frappe les CME sont devenus un fond de commerce, qui sert en premier lieu à légitimer au moins politiquement la lapidation des sommes colossales.

 

En effet, la cacophonie qui caractérise son fonctionnement, le mode d’organisation et l’omnipotence d’une seule et unique personne, handicape toute démocratie et transparence interne. De ce fait, non seulement les leaders de la communauté ne sont pas écoutés, mais ses membres sont également marginalisés. En ce qui concerne son budget, si le CCME dispose depuis sa création, y compris pour l’exercice budgétaire 2011, de 49 millions de dirhams (prés de 4,5 millions d’euros) par an pour mener son action. Là aussi, il y a une absence de transparence sur la manière dont cet important budget (argent public) est utilisé, ce qui suscite beaucoup de critiques des marocains d’ici et de là-bas.

 

Sur le contenu, ses responsables n’ont ni pris conscience des mutations de la communauté et de la diversité de ses attentes, ni essayé de contribuer à faire changer les perceptions qu’ont certains responsables de la communauté et de ses élites, encore moins à insuffler une nouvelle dynamique dans les relations entre le Maroc et ses citoyens de l’étranger. Dans ce sens, les actions menées depuis sa constitution en décembre 2007, n’ont pas permis ni d’effacer les controverses suscitées par les conditions de sa mise en place, ni fait oublier la contestation nourrie, suite aux consultations très controversées.

 

Mais comment pourrait en être autrement, si les  textes qui l’ont instauré sont ignorés : En exemple nous citons : “le CCME établit un rapport annuel sur ses activités et un rapport bisannuel général d’analyses des tendances de la migration marocaine, ses problématiques et ses attentes”. Or, après trois exercices pleins et à un an de la fin de son mandat, le Conseil n’a livré ni rapports, ni bilan encore moins de propositions. Pourtant, une de ses missions est de réfléchir et de proposer la nouvelle mouture et conception du prochain CCME.

 

Au regard de ces défaillances, on peut dire sans risque de se tromper, que la mission du CCME a grand besoin, de manière urgente, à être réfléchie sous la forme d’une stratégie globale ouverte à l’appréciation des véritables représentants de la communauté. Il s’agit de revenir à ses objectifs initiaux en jetant les premiers jalons d’une "métastratégie" de ses orientations et de ses actions. C’est de cette façon qu’il est possible de développer de nouvelles perspectives capables de rassembler une grande majorité de la communauté autour d’un CCME fort et crédible.

 

Il devient donc urgent de revoir tant la structure que le fonctionnement du CCME. Cependant, toute nouvelle perspective doit inclure le mouvement associatif migratoire, vu le rôle qu’il a joué dans l’histoire migratoire, tant au niveau des pays de résidence et européen, qu’au niveau du Maroc, ainsi que le rôle qu’il continue à jouer. C’est ainsi qu’on peut prétendre prendre impliquer une des composante la plus active de la communauté.

 

La nouvelle structure du CCME doit reposer sur des principes qui respectent l’autonomie des différentes composantes de la communauté. Elle doit reposer aussi sur de larges plateformes dans chacun des pays de résidence ou la communauté est fortement concentrée. L’ensemble des associations et ONG de la communauté sont prêtes, chacune selon ses moyens, à contribuer au niveau de son pays de résidence à la préparation ainsi qu’à la mise en place de ces plateformes, dont  les membres devraient être élus pour un mandat de trois ans renouvelable une seule fois.

 

Une fois renouvelé, le CCME doit élire parmi ses membres et selon la thématique, celles et ceux qui siégeront à tour de rôle dans des commissions comme : l’enseignement, la culture, la religion, le Co-développement, l’investissement, le lobbying, etc. Ces commissions peuvent être renforcées par des compétences en dehors des membres du CCME. L’objectif étant de contribuer aux cotés des autorités marocaines compétentes à l’élaboration des stratégies et les actions possibles dans chaque domaine et leur mise en œuvre.

 

Cependant, comme le suggère le rapport de l'Instance Équité et Réconciliation (IER), il ne faut dans aucun cas tolérer la participation des "amicalistes", même ceux qui sont actuellement membres du CCME, en raison du rôle répressif et dilatoire qu'ils ont joué envers la communauté durant les années de plomb, tant qu’ils n’auront pas procéder à aucune évaluation de leurs actes et présentés des excuses.

 

Pour atteindre cet objectif, le CCME doit s’implanter dans les pays de résidence de la communauté. Si sa présidence et son secrétariat général devraient se situer à Bruxelles (capitale de l’Union), la relation de ses responsables et celui des diverses commissions avec les autorités marocaines pourrait être l’objet d’un débat sérieux et sincère. D’ailleurs, les différentes déclarations de ses responsables confortent cette thèse.

 

En effet, selon son président, la mission du CCME est : « d’élaborer un avis sur l’amélioration de l’action des autorités marocaines en attirant leur attention sur d’éventuelles atteintes aux droits fondamentaux de la communauté et de demander au gouvernement de soulever ces questions dans le cadre des relations bilatérales ou multilatérales avec les pays de résidence », fin de citation. À partir de cette déclaration, il est tout à fait logique que cet avis soit élaboré du point de vue des pays de résidence, donc sur le terrain et non du Maroc.

 

Dans une autre déclaration, il admet également que : « de nombreux problèmes doivent être réglés dans les pays de résidence par l’action organisée de la communauté dans chaque pays ». Alors qui peut organiser et encadrer ces actions, si ce n’est pas le CCME en s’implantant dans le centre de l’Union européenne ?    

 

Beaucoup de leaders de la communauté ont une vision claire et précise sur cette nouvelle mission du CCME et sont disposés à contribuer pour la mettre en pratique, sans aucune prétention. Car l’objectif du CCME n’est pas de reprendre ou dupliquer des activités qui ont déjà été conduites par d’autres acteurs marocains agissant dans le domaine de la migration, comme certaines ONG de la communauté et certains programmes universitaires. Cette manière de faire et ce gaspillage d’argent et d’efforts, ont suscité l’indignation d’un nombre important de marocains d’ici et de là-bas.

 

Au lieu de faire perdre au Maroc ses moyens financiers et humains, il devrait faire de la défense des intérêts de la communauté vis-à-vis des pays de résidence et auprès des autorités marocaines sa priorité. La réalisation de cette mission devrait le pousser à rassembler et à fédérer les quelques quatre millions de CME, d’où la nécessité de son établissement dans les pays de résidence.

 

Car  il est certain que le CCME pourrait être un instrument idéal permettant de rassembler la communauté, afin de lui permettre de jouer son rôle en termes de lobbying, d’impact économique, politique et d’influence culturelle. C’est également ainsi, qu’il peut jouer un rôle dynamique de liaison, de prolongement et de synergie dans différents domaines entre le Maroc et l’Occident, et particulièrement l’Union Européenne. D’où l’importance de jouer son principal rôle, qui est celui d’organiser et fédérer la communauté et mettre fin à son émiettement. L’implication du souverain est de nature à rassembler une large partie de la communauté autour des projets qui prennent en considération l’intérêt de la communauté et du Maroc.

 

Cependant, il faut garder à l’esprit que la réussite du CCME dans une telle éventualité est tributaire des hommes et des femmes qui maîtrisent le dossier, qui possèdent une vision stratégique et disposent d’un certain altruisme pour créer au sein de la communauté un nouvel élan. En tout cas, les leaders de la communauté qui ont l'expérience, le savoir-faire et une vision de l’avenir de la communauté, sont prêts à contribuer sans aucune prétention à ce que le CCME, soit générateur d’une nouvelle approche participative qui s'intègre parfaitement dans l’action du processus de l’évolution de l’ensemble de la communauté vers la bi-citoyenneté.





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