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III. QUELS MECANISMES DE GESTION ?

Il n’est pas superflu de rappeler que le bilan des différentes institutions et organisations censées être les mécanismes de gestion du dossier de la communauté est désolant. Entre l’optimisme des responsables et le pessimisme d’une grande majorité de la communauté, il n’est pas difficile de se positionner.

 

La gestion du dossier de la communauté, n’est pas un problème d’institutions ou d’organisations qu’il faut résoudre par la création à chaque fois d’institutions supplémentaires. La question est avant tout un problème de contenu, de vision et de stratégie. Car, même si la question doit être "encadrée" par des principes généraux, définis à l’échelle de l’Etat, la politique migratoire reste une responsabilité partagée. C’est-à-dire que les responsables du dossier ne peuvent théoriquement développer aucune approche vis-à-vis d’une communauté qui vit à des milliers de kilomètres, dans d’autres contextes et ayant des statuts juridiques et politiques différents, sans la concertation, voire la participation de ses représentants.

 

D’autant plus, que malgré qu’elle vit et évolue en dehors des frontières nationales, la communauté revendique son droit de promouvoir et pérenniser ses relations affectives, politiques, économiques, sociales, cultuelles et culturelles avec son pays et ses concitoyens. Mais force est de constater, que ces institutions et organisations n’ont rien fait dans ce sens.  Chacune d’elles n’est qu’une institution de plus dans un échiquier migratoire déjà encombré.  Aucune d’elles n’a apporté quelque chose de pertinent dans sa besace politique, ni pour la communauté, ni pour le pays. Pourtant la communauté a besoin d’une institution politique digne de ce nom, capable de mettre en place des passerelles de communication et de dialogue avec ces bi-nationaux. Une institution susceptible de susciter l’écoute et l’adhésion d’une large majorité de la communauté sur la base d’une approche claire et audacieuse.

 

Cependant, une telle approche nécessite que les responsables définissent leur perception de la communauté, dont la présence se caractérise aujourd’hui par une diffusion large et diverse dans les sociétés de résidence, avec une ampleur telle que ces bi-nationaux occupent aujourd’hui un certain nombre de domaines stratégiques pour l’avenir de la communauté et du Maroc.

 

Si les responsables considèrent les Citoyens Marocains de l’Etranger, uniquement comme des Marocains qui résident en dehors des frontières nationales, alors leur politique et les mécanismes mis en place pour la gestion du dossier sont inadaptés et contradictoires. Si tel est leur concept, il est nécessaire de revoir tant la multiplicité des institutions et organisations censées être les mécanismes de gestion du dossier, que leur contenu.

 

Dans le contexte actuel, cette inflation d’institutions et d’organisations nuit au dossier de la communauté au lieu de le gérer convenablement. De l’avis de tous, elles sont artificielles et nuisent à l’échiquier migratoire et à la politique gouvernementale dans son ensemble. Car en tant que marocains résidant à l’étranger, les consulats dans les divers pays ou résident ces Marocains sont par essence même, censés rapprocher l’administration de la communauté. En effet, leurs besoins administratifs à satisfaire dans ces pays tels que ; passeports, cartes d’identité, état civil et toutes les opérations qui lui sont liées, légalisation de signatures, mariages, divers contrats, etc., sont du ressort exclusif des incontournables consulats. Il suffit donc de les organiser et de les doter des moyens conséquents.

 

L’existence de la Fondation Hassan II pour les CME, qui est censée promouvoir le culturel et le cultuel, dont les représentants se trouvent justement dans les consulats, ainsi que sa consœur la Fondation Mohammed V pour la solidarité, censée faciliter le transit en mobilisant aussi bien les consulats, que d’autres acteurs, est défendable. Il va de même pour la décision d’accorder la députation sur le sol marocain à ceux et celles qui veulent se porter candidats aux différentes élections.

 

Quant au Ministère délégué auprès du Ministre des Affaires Étrangères, puis auprès du Premier Ministre, chargé du dossier de la communauté, on peut dire qu’il est une avancée institutionnelle qui aurait pu offrir des opportunités, mais qui n’ont malheureusement pas été saisies. En effet, malgré diverses interpellations, aucune véritable politique concernant la gestion du dossier n’est formulée et le dossier est mal maîtrisé, les dimensions de bi-nationalité et de représentativité sont occultées, l’enseignement de la langue arabe et amazighe n’a trouvé aucune solution et la nouvelle Moudawana est mal expliquée. En un mot sa mission et ses orientations posent problèmes.

 

Si, au contraire, les responsables partent du principe que les citoyens marocains résidant en dehors des frontières nationales sont non seulement des citoyens marocains, mais également des citoyens de leur pays de résidence, donc des bi-nationaux, alors les qualifications telles que MRE ne reflètent aujourd’hui aucunement la réalité, encore moins la politique mise à leur égard. À partir de cette nouvelle réalité, ils doivent développer une autre approche, qui reflète la réalité bi-nationale et bi-citoyenne de la communauté.

 

En effet, étant donné leur statut de bi-citoyens, il n’y pas que les aspects administratifs stricts ou juridiques qui sont à prendre en considération, mais d’autres aspects, qui ne peuvent être gérés par les seuls consulats, d’où l’opportunité du ministère chargé de la communauté. Les aspects  tels que: la dimension sociale au sens large, les volets socio-éducatif, socio-culturel, les aspects socio-religieux, la dimension politique et socio-économique, ainsi que la double appartenance, ne peuvent être gérés que par une institution gouvernementale. Une institution qui fasse de la consultation et la concertation sa priorité, afin de trouver des solutions innovantes et adéquates aux doléances multiples de la communauté et, en premier lieu, la question de la bi-nationalité et de représentativité.

 

Par conséquent, vu la fragmentation du dossier entre plusieurs instances qui produisent des discours contradictoires et un chevauchement des rôles, il serait intelligent de faire fusionner ces multiples institutions et organisations et la mise en commun des ressources disponibles au service d’une nouvelle politique qui prend en considération les réalités de la communauté. Cela permettra de donner plus de clarté et de visibilité à la politique en direction de ces quelques quatre millions de CME, devenus des bi-nationaux et bi-citoyens.

 

Dans le contexte actuel, cette inflation d’institutions et organisations est loin d’être efficace. De l’avis de tous, elles sont artificielles, lapident une partie non négligeable du budget de l’Etat et nuisent tant à la communauté qu’au Maroc. Par conséquent, il devient urgent de désigner une seule institution politique, de laquelle dépendra la mise en application de nouvelles orientations dans le souci clairement défini de préserver le caractère multidimensionnel de ce dossier. Cela exige également la conception concrète d’une politique bi-nationale basée sur la concertation avec les forces vives de la communauté.

 

Une institution qui reconnaît tant la compétence des élites que le processus migratoire a produites, que celle de la large représentativité des associations et des ONG de cette communauté. Cela permettrait de mettre fin à la multiplicité et au chevauchement des rôles des divers intervenants dans le dossier et redonnera plus de visibilité et crédibilité à l’action politique. S’agissant d’un dossier multidimensionnel, le souci de mettre la gestion en phase avec les préoccupations réelles de la communauté doit primer sur le reste.

 

Cette institution devrait non seulement développer une nouvelle approche de la question et coordonner la politique gouvernementale en direction de la communauté, mais se doter également d’organes de consultation et de concertation, pour mieux se rapprocher des réalités de la communauté. En effet, pour assurer une meilleure gestion avec une éthique irréprochable des affaires de la communauté, il est important de créer une plate-forme consultative auprès de cette institution, qui permettrait la participation tournante des ONG et de certains leaders de la communauté, dont le rôle est de contribuer, à travers leurs propositions à élaborer les orientations, la stratégie et les actions à mener dans le cadre du programme d’actions de cette institution.

 

Elle devrait également créer les mécanismes de gestion du culturel et du cultuel et promouvoir l’identité marocaine pour que ces bi-nationaux et leurs descendants, gardent un lien solide et étroit avec leur pays d’origine, le Maroc. Un rôle que la fondation Hassan II pour les CME, pourrait jouer sous la tutelle de l’institution, chargée de gérer le dossier.

 





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