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Le Mouvement Nouvel Elan "MONE" a commencé
avec une grande conférence de presse  et a présenté son plan d'action pour les prochains mois ...


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I. LES PARADOXES ET LES INSUFFISANCES D’UNE GESTION

Dresser le bilan des institutions et organisations chargées de gérer le dossier de la communauté des CME est un exercice qui incombe en principe aux responsables de ces institutions et organisations. Mais force est de constater, qu’après des années de fonctionnement, ils n’ont pas jugé utile de faire cette évaluation. Inconscients de l’importance d’une telle évaluation dans le processus de prise de décisions, ils pensent peut-être que ce n’est pas leur rôle. Mais y a-t-il d’abord un processus de prise de décision ?

 

Pourtant, cette inflation d’institutions et organisations œuvrant dans le domaine migratoire engendre souvent certains conflits de compétence. En tout cas, le bilan de leur gestion est non seulement négatif, mais aussi inquiétant à plus d’un titre. L’ambigüité de leur politique et les modalités "non démocratiques" de leur gestion, ainsi que la politique de division qu’elles pratiquent, sont un trait visible qu’elles se partagent.

 

En effet, une analyse, aussi superficielle soit-elle, nous amène à constater que ces responsables ont tout fait pour tenir la communauté à l’écart de toute implication dans la gestion de son dossier, réduisant ainsi son dynamisme et son autonomie. Aussi paradoxale que cela puise apparaitre, alors qu’ils sont restés au stand-by, ces responsables prétendent que les CME ne sont pas arrivés aujourd’hui encore à une sorte de maturité qui leur permet de s’impliquer dans la gestion de leurs affaires. Mais personne n’est dupe, derrière cette prétention qui ne repose sur aucun constat, ils essaient de cacher non seulement leur décalage avec les réalités de la communauté, mais également leur incompétence et leur manque de professionnalisme à gérer le dossier d’une façon démocratique et transparente.

 

D’ailleurs, certaines de leurs déclarations nous fournissent encore l’occasion de rugir, parce qu’elles sont teintées d’un esprit de division et d’ambitions personnelles en contradiction avec les intérêts de la communauté et du Maroc. Ceci n’est pas une critique, mais un constat sur une gestion dépassée. En tout cas, la manière dont sont organisées les relations de ces institutions et organisations avec la communauté des CME, qui constitue pourtant une des principales richesses du pays, n’est pas appréhendée de manière sérieuse et adaptée.

 

L’absence d’une politique capable non seulement de gérer efficacement et démocratiquement son dossier, mais de briser également son émiettement et drainer une conception unitaire effective, est un trait que se partagent ces multiples institutions et organisations. En effet, aucune réflexion sur les éléments et la méthodologie sur lesquels doit se baser une gestion éthique et efficace n’est menée. Pourtant, s’agissant d’un dossier multidimensionnel, le souci de mettre leur gestion en phase avec les préoccupations réelles de la communauté devrait être l’essence même de leur politique.

 

Ayant un aspect socio-économique et politique qui touche à la finalité éthique de quelques quatre millions de citoyens marocains de l’étranger, une gestion efficace doit être fondée sur la démocratie, la transparence et la compétence. Mais force est de constater, qu’aucun débat sérieux autour d’une telle gestion n’a été initié. C’est que la démocratie participative et la transparence ne semblent pas être la devise de nos responsables. Or la démocratie participative est une valeur incontournable, qui s’impose de plus en plus dans notre monde contemporain et qui suppose dans ce cas précis, que les représentants de la communauté devraient avoir un droit de regard sur les orientations politiques et les actions de ceux qui sont censés gérer leur dossier. Mais on le sait, il ne peut y avoir de démocratie sans qu’il y ait des démocrates, et particulièrement parmi les responsables censés gérer un tel dossier complexe et compliqué. Un dilemme qui ne date pas d’aujourd’hui !

 

Car, à l'opposé de toute conception bureaucratique des responsables du dossier, la démocratie participative vise à rassembler les concernés pour débattre de leurs préoccupations, fassent part de leurs idées, de leurs suggestions et de leurs aspirations. Seul un tel débat est susceptible de déboucher sur une action plus unie, plus forte et sur une dynamique nouvelle ouvrant la perspective des changements auxquels la communauté des CME aspire.

 

La démocratie participative vise également à respecter la diversité des convictions, la personnalité et l'originalité de chacun. Elle rompt donc, dans son principe, avec toute démarche de ralliement à des solutions toutes faites. Au contraire, elle considère la diversité, non comme un handicap ou une fatalité conduisant à la dispersion et à l'éclatement, mais comme une dynamique permettant un rassemblement plus riche, précisément parce que l'apport de tous, est nourri des singularités individuelles de chacun.

 

En un mot, la démocratie participative peut se résumer en quelques mots simples mais d’une grande portée : débat, initiative, dialogue, action, imagination, transparence, loyauté à l’intérêt de la communauté et du Maroc. Si ce souffle d'air passe dans la gestion du dossier bien des choses changeraient. Telle est, la manière dont doit être géré désormais le dossier de la communauté.

 

C’est pourquoi, il est nécessaire de refondre la politique migratoire, pour sortir du surplace et aller vers le fond. Une des premières initiatives serait que les responsables reconnaissent le droit aux leaders de la communauté de participer à la gestion de leur dossier. Ils devraient aussi cesser de réduire leur rôle à un suivisme aveugle pour justifier toutes leurs décisions, même celles qui ne cadrent pas avec leurs intérêts. Cette perception de la politique migratoire nuit énormément à l’image des différents intervenants, perçus comme n’admettant ni critiques, ni débats, encore moins la concertation.

 

Pourtant, la nécessité d’ouvrir un véritable débat, afin de parvenir à l’élaboration d’une nouvelle approche, est une urgence. En effet, il devient primordial de préciser l’espace qui revient de droit aux élites de la communauté pour jouer leur rôle de pourvoyeurs d’idées et de propositions. Car, la gestion actuelle fait ressortir de multiples et divers paradoxes et insuffisances de gouvernance, liés non seulement à la multiplicité des intervenants et à l’absence de coordination et de coopération, mais aussi au manque de vision et de stratégie.

 

Le premier paradoxe est relatif aux prérogatives et au fonctionnement de ces institutions et organisations, chargées de gérer le dossier de la communauté. Elles sont indépendantes les unes des autres, voire concurrentes. Chacune d’elles navigue sans visibilité dans un domaine migratoire complexe et compliqué, nécessitant une certaine cohérence.

 

La deuxième insuffisance est relative au manque de vision claire, d’objectifs précis et raisonnables, de stratégie cohérente et de programme d’actions pertinent en rapport direct avec les réalités de la communauté et de la migration en général. Le manque de maîtrise des politiques migratoires en vigueur des pays de résidence des CME et au-delà, du champ politique dans son ensemble, conduit à l’élaboration des petites politiques non concertées qui vont le plus souvent à l’encontre des intérêts de la communauté, voire du Maroc.

 

Le dossier multidimensionnel de la communauté est très sensible et génère des réactions contradictoires et controversées. Pourtant, sa gestion est tenue à l’écart des partis politiques, des syndicats et des concernés eux-mêmes. C’est le troisième paradoxe.

 

La quatrième insuffisance a trait à l’inexistence d’un débat sur les objectifs et la stratégie que ces institutions et organisations auraient "élaborés" et qui sont censés être la feuille de route de leur gestion. Or, on sait qu’en lieu et place d’un véritable débat et dialogue fleurissent les tours d’ivoires, les préjugés et les incompréhensions.

 

La cinquième insuffisance est le manque d’une plate-forme consultative pourvoyeuse d’idées et d’un espace d'expression et de dialogue avec les leaders de la communauté. Non seulement les véritables représentants de la communauté sont éloignés de toute concertation et consultation, mais leurs réflexions et propositions ne trouvent échos ni auprès de ces institutions et organisations, ni auprès de certains médias officiels. À travers des manœuvres de débauchage, ils sont marginalisés et exclus.

 

La sixième insuffisance est le manque de volonté, voire de compétence de ces multiples intervenants à hisser la dimension migratoire au cœur de la politique du gouvernement et au-delà, des différentes composantes du champ partisan. En effet, aucun des intervenants dans le dossier n’a élaboré de politique allant dans ce sens.

 

Le septième paradoxe est relatif aux objectifs et au chevauchement des rôles. Rappelons, par exemple, que l'un des objectifs de la Fondation Hassan II pour les CME est de soutenir la communauté dans le domaine culturel, religieux, social et d’œuvrer pour le maintien des liens fondamentaux avec le Maroc. L’aide à surmonter les difficultés que la communauté rencontre du fait de sa migration est un autre objectif de la Fondation. Ne sont pas là, les objectifs du Ministère chargé des CME, du CCME et du Conseil des Oulémas pour les CME ?

 

Dans le même sens, alors qu’un des objectifs de la Fondation Hassan II pour les CME est l’encouragement de l’investissement et que son pôle "investissement" est « actif » depuis longtemps, le CCME a organisé une rencontre à la province de Mohammedia relative aux questions de l'investissement de la communauté, en proposant la création d’un guichet unique (que le CONGRESS n’a cessé de demander). Ne s’agit-il pas là de concurrence ?

 

Même le dernier né, le Conseil des Oulémas pour la communauté, qui se veut être un cadre de coordination des actions "religieuses" à l’adresse de la communauté, a vu le CCME se saisir de sa principale prérogative pour organiser en mars 2009 à Fès un colloque sur les divers aspects législatifs et sociaux associés à la pratique du culte musulman en Europe. Presque au même moment, les différentes organisations islamiques en Europe se sont rencontrées à Paris pour discuter du statut de l’Islam et sa place dans les sociétés laïques occidentales. Ne s’agit-il pas de reprise et de duplication des activités ?

 

Dernier exemple, pour ne pas les citer tous : le fait que la Fondation Mohammed V pour la solidarité s’occupe depuis des années du transit et de l’accueil des CME n’a pas empêché le Ministre chargé de la communauté des CME d’annoncer, devant la commission des affaires étrangères de la chambre des représentants, la mise en place d’un programme national d'accueil des CME. Cela ne l’a pas empêché aussi de donner une conférence de presse pour dresser le bilan du transit 2010, alors que c’est la Fondation Mohammed V qui en est responsable de ce secteur. Ne s’agit-il pas là de chevauchement des rôles ?

 

Le huitième paradoxe est que chaque institution prétend défendre au mieux les intérêts de la communauté en faisant de la revendication de cette prétendue défense sa seule politique. Une prétention qui discrédite non seulement ces institutions, chargées de la gestion du dossier, mais également la politique gouvernementale dans son ensemble. Cela nous met devant un paysage migratoire troublant.

 

Le neuvième paradoxe est l’un des plus dangereux, puisqu’il a trait à une politique de division. En effet, les responsables du dossier ont trouvé dans cette politique, un moyen pour diviser la communauté, tout en s’assurant le "ralliement" de certains individus. Mais personne n’est dupe, l’objectif de cette politique visible à l’œil nu est d’essayer de contourner les ONG de la communauté et de les marginaliser en misant sur de tels individus.

 

Le dixième paradoxe a trait non seulement à l’exclusion, mais également au combat de tous ceux et celles qui ne sont pas de leur avis. C’est parce qu’ils n’admettent aucune critique aussi positive soit-elle. Pourtant, les opinions critiques sur les dirigeants ont toujours existé et font parti de la démocratie. D’autant plus, que nos responsables n’ont rien à craindre des critiques, puisqu’ils peuvent exercer leurs responsabilités, que la communauté les approuve ou non.

 

Le onzième paradoxe a trait aux actes flagrants d’ingérences dans les affaires de la communauté. Une ingérence qui handicape le développement d’initiatives visant son rassemblement. Plusieurs exemples nous viennent du Canada, d’Allemagne, etc. Les CME refusent de participer à ce jeu, préférant bouder ces institutions.

 

Ce n’est pas faire injure à ces responsables que de dire que leur gestion génère amalgames, insuffisances et le manque de coordination. Ils auraient pu gagner en crédibilité s’ils avaient démontrés une vraie volonté de changement. Mais force est de constater, qu’ils ont lamentablement échoué dans leurs petites stratégies.

 

Devant ces multiples insuffisances et paradoxes, comment évacuer une véritable politique migratoire ? Comment considérer les CME comme le prolongement stratégique de la société marocaine, comme acteurs dynamiques dans la construction de l’édifice du Maroc nouveau  et comme locomotive du développement économique et humain du pays ? En un mot, comment répondre aux lourdes interrogations que pose la gestion du dossier ?

 

Le déficit en la matière est trop ancien et très grand, qu’il devient urgent de s’en saisir. Car la gestion du dossier nécessite une institution ayant pour fonction d’initier, d’impulser et de coordonner une politique gouvernementale globale, cohérente, vigoureuse et mobilisatrice en direction de la communauté avec des programmes ciblés qui s’inspirent de la réalité de celle-ci et de celle de ses pays de résidence. Les humbles éléments contenus dans cette contribution pourraient y contribuer.

 



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