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II. D’UNE POLITIQUE « MIGRATOIRE » VERS UNE POLITIQUE « BI-NATIONALE »

Il faut rappeler, que l’évolution qu’a connue la communauté des CME a poussé à plusieurs reprises les responsables marocains à revoir le nom par lequel ils ont désigné la communauté : des Travailleurs Marocains Emigrés (TME) aux Travailleurs et Commerçants Marocains (TCM), ils sont passés aux Marocains Résidant à l’Etranger (MRE). Cependant cette dernière appellation a commencé depuis quelques années à être remise en question à son tour.

 

C’est que, nous sommes cantonnés depuis plus d’un demi-siècle dans diverses qualifications qui ne reflètent plus la réalité d’aujourd’hui. En effet, l’installation définitive des millions de CME en dehors des frontières nationales, n’a modifié ni les modalités selon lesquelles se pense et se gère leur dossier, ni les modes d’appellation de ces populations. C’est pourquoi les termes de Citoyens Marocains de l’Etranger (CME), de Marocains du Monde (MD), de Marocains d’ailleurs (MD), etc., sont apparus. Mais l'appellation MRE reste encore la plus utilisée et la plus connue tant au Maroc qu'à l'étranger.

 

Cependant, toutes ces appellations sont caduques puisqu’elles ne reflètent plus la réalité d’aujourd’hui. Car il ne s’agit plus de Marocains résidant à l’étranger, du Monde ou d’ailleurs, mais de Marocains devenus des bi-nationaux et bi-citoyens, soit par leur statut juridique de citoyens de leur pays de résidence, soit par leur statut de bi-citoyen de fait (citoyens résidents).

 

D’ailleurs, il semble, que c’est dans ce sens, que le souverain avait déclaré, lors de son discours à l’occasion du premier Sommet Maroc-UE (Grenade, 7 mars 2010) : « Le Maroc, de par ses principes et fondements constitutionnels, identitaires et sociologiques, apprécie avec intérêt cette nouvelle forme de citoyenneté qui émerge entre les deux rives de la Méditerranée et appelle à aider les populations immigrées à trouver un équilibre identitaire qui ajoute à la propre identité du migrant de nouvelles dimensions, sans pour autant lui faire perdre ses racines », fin de citation.

 

L’approche du souverain est pertinente, car ces bi-nationaux ont acquis un degré d’émancipation et d’autonomie, voire  d’indépendance, vis a vis des pouvoirs publics, tant des pays de résidence que du pays d’origine. Une émancipation qui leur permet de refuser la démagogie et l'unanimisme (nous sommes tous des Marocains !) qui prêtent à confusion. Une grande majorité pense avec raison qu’ils sont, certes, des citoyens marocains, mais aussi des citoyens français, allemands, belges, etc. Ils sont aussi porteurs de conceptions différentes sur la démocratie, la citoyenneté, l'égalité entre homme et femme, l'Etat de droit, le processus de transition, etc.

 

Ils pensent aussi, que la bi-nationalité est une richesse et une passerelle pour le rapprochement du Maroc des pays occidentaux et vice versa. En effet, la double appartenance constitue une valeur ajoutée tant pour le pays d’origine que de résidence. Il n’y a pas d’incompatibilité, au contraire elle doit être prise en considération et valoriser, car malgré sa remise en cause par certains, le processus d’intégration est irréversible.

 

En Effet, les bi-nationaux et bi-citoyens sont aujourd’hui à 100 % citoyens marocains et à 100 % citoyens français, allemands ou hollandais. Mais cette réalité ne les empêche pas d’être conscients que si le Maroc a besoin d’eux, ils ont tout autant besoin de lui, parce que l’identité marocaine reste encore structurante de leur personnalité. C’est pourquoi la relation du Maroc avec ses bi-citoyens ne doit pas se résumer à l’apport en termes financiers ou technologiques (transfert de savoir-faire). Au contraire, leur implication pleine et entière dans le processus de démocratisation du pays devrait être la relation la plus privilégiée.

 

D’où la nécessité de conduire des politiques qui aillent dans ce sens. Car, si le Maroc veut que ces bi-nationaux continuent à lui rester fidèles, ce n’est pas en étalant des "marhabas" à chaque été, mais en mettant en place une nouvelle politique, permettant à chacun d’eux de se sentir fier d’appartenir à un Maroc qui prend en considération la diversité de ses citoyens et où le droit est la règle.

 

S’il y a aujourd’hui une prise de conscience de la nécessité d’entretenir un lien étroit avec la communauté, ce n’est pas en multipliant les mécanismes de gestion ni la masse des messages de bienvenue pendant la période estivale. Car, à l’inverse des premières générations, les bi-nationaux nés ou grandis pour l’essentiel dans les pays de résidence, sont dotés d’un esprit critique, dont ils font grand usage à l’égard des deux pays de leur bi-nationalité. C’est que le Maroc a affaire davantage à des bi-nationaux qu’à des Marocains résidant à l’étranger, d’où la nécessité d’une nouvelle approche qui prenne en compte cette nouvelle donne.

 

Loin de tout esprit de chauvinisme et de nationalisme étroit, il devient nécessaire que les responsables comprennent et acceptent qu’il est tout à fait normal que la communauté s’ouvre à son environnement immédiat dans ses pays de résidence et que la double appartenance (bi-nationalité) soit une richesse qu’il faut prendre en considération et valoriser. Ils devraient aussi comprendre, que dominés par leurs préoccupations immédiates et personnelles, le choix de l’engagement, subi ou désiré, s’inscrit non seulement dans la sédentarisation dans leur pays de résidence, mais aussi dans la politique de leur pays d’origine.

 

En effet, alors que la citoyenneté de leur pays d’origine ne leur permet pas de s’impliquer politiquement, celle de leur pays de résidence se manifeste notamment par la participation à la vie politique, socio-économique et syndicale. Et ce n’est pas là un détail, mais une différence fondamentale. C’est pourquoi, le Maroc doit prendre en compte cette réalité comme une question fondamentalement nationale et non pas comme une question purement euro-européenne, au point d’abandonner le sort de ces bi-nationaux aux seuls pays de résidence. Il devrait donc réajuster sa politique pour la rendre compatible et homogène avec la réalité d’aujourd’hui. Car il est temps et urgent, de développer une politique bi-nationale dont les objectifs devraient suivre l’évolution permanente de la communauté.

 

En tout cas, l’impasse actuelle pose le problème de la manière dont est géré le dossier, mais aussi celui de la nature des liens à entretenir avec ces quelques quatre millions de bi-citoyens. Car c’est à partir d’une relation saine et claire qu’on peut définir une véritable politique. Le débat sur cette réflexion devient nécessaire et urgent. Un débat qui ne peut faire l’économie de se pencher sur l’utilité et le contenu des multiples institutions et organisations censées être les mécanismes de gestion de ce dossier multidimensionnel. Un débat dont l’ambition majeure est de contribuer à la définition d’une nouvelle approche, qui place la dimension de la question dans son vrai contexte national, régional et international.

 



 

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