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Le Mouvement Nouvel Elan "MONE" a commencé
avec une grande conférence de presse  et a présenté son plan d'action pour les prochains mois ...


nouveau Ouvrage

IV. LES POLITIQUES D'INTEGRATION

Les politiques d'intégration méritent au moins autant d'attention que les politiques de contrôles des entrées. Elles incluent une réflexion et des mesures dans les domaines de la sécurité de séjour, de l'accès à la nationalité, de la promotion de l'égalité des droits et des  chances et de la lutte contre le racisme et la xénophobie.

 
Beaucoup l'on dit avant nous, l'intégration est d'abord une opération mathématique, celle qui détermine de nouvelles fonctions admettant les premières pour dérivées. Est intégral ce qui n'est l'objet d'aucune diminution ni restriction; est intégrant ce qui rend entier. C'est surtout en économie que le terme intégration est utilisé: le « développement intégré » signifie une extensive, l'intégration devient une incorporation (on intègre un corps), une fusion, une unification, bref quelque chose de voisin de l'assimilation dans sa phase ultime.


A notre sens, l'action contenue dans l'intégration valorise l'unité recherchée. Elle est un processus qui, rapporté au phénomène migratoire, exprime une dynamique d'échange, dans laquelle chaque élément compte à part entière. Le corollaire est que chacun accepte de se constituer partie du tout et s'engage à respecter l'intégrité de l'ensemble. C'est cette acceptation qui a été contestée au nom du « droit à la différence ».

 
Le terme « insertion » lui fut alors préféré. Puis, à son tour, celui-ci recueillit les critiques: la conversation des  entités d'origine n'allait-elle pas renforcer leur visibilité et leur extranéité?. L'insertion fut progressivement réservée à des mesures spécifiques (insertion professionnelle, réinsertion au pays d'origine). Après une courte éclipse, l'intégration est donc revenue en force dans les discours. Citons, toutefois, l'exception du rapport du Commissariat général du Plan « Immigrations le devoir d'insertion » qui introduit une liaison entre l'idée de réciprocité et le respect des  différences.


 Il nous semble que le mot «intégration» ne reflète plus la réalité d'aujourd'hui et spécialement après le 11 septembre. C'est à défaut de mieux qu'on utilise encore cette définition. En effet, quand on parle d'intégration, la question qui se pose est de savoir par rapport à quoi et à qui doit se faire cette intégration? En réalité on ne s'intègre pas, mais on intègre en nous même, un certain nombre de valeurs propres au contexte dans lequel nous vivons, tout en restant lier d'une manière ou d'une autre à nos valeurs d'origines même quand elles nous semblent en contradiction avec notre environnement.

 

Dans le même sens il est à fait vrai que l'environnement dans lequel nous évoluons, intègre lui aussi en soi un certain nombres de valeurs. L'exemple qui illustre ceci est les vocabulaires comme "Toubib,Baraka, tajine, etc. sont entrés dans le dictionnaire de la langue française. En outre, la consommation du Thé à la menthe ou du Couscous pour ne parler que d'eux, appartiennent désormais à la culture européenne. Le Caftan marocain et les objets de décoration artisanale font parti depuis longtemps de l'intimité intérieure des européens.

 

Alors, dans ces conditions, peut-on parler de l'intégration de la société d'accueil? Si oui par rapport à quoi et à qui?  Au contraire, nous pensons que le côtoiement de différentes cultures dans un même espace, force à long terme l'interpénétration des cultures (l'intégration de certaines valeurs en soi - ou s'intégrer mutuellement). C'est à  notre avis cette intégration des valeurs exogènes en soi, qui est l'élément essentiel de ce que l'on appelle le brassage des cultures qui donne naissance à de nouvelles valeurs societales.

 

Par ailleurs, si l'on se réfère à l'exemple d'un maghrébin né en France, ayant fait des études poussées et occupant une place de choix dans la société française qui, pour des raisons personnelles ou de convictions, préfère garder sa nationalité d'origine; on remarque que cette personne, pourtant considérée comme intégrée, est automatiquement exclue de la participation tant à la gestion de son environnement immédiat qu'est sa cité de naissance et peut-être de décès qu'au niveau de la construction celui plus général qu'est l'Europe.

 

En outre, les événements du 11 septembre ont permis une augmentation exponentielle du nombre de délits de faciès. Ce sont donc les personnes ne présentant pas les caractéristiques physiques de l'Homo "Europaenus" qui, indépendamment de la nationalité du pays d'accueil qu'elles ont acquise, subissent le plus de contrôles, endurent le plus de tracasseries administratives et parfois même sont gratuitement accusées de terrorisme.

 

Quand on est exclu de la participation aux décisions engageant son avenir immédiat et lointain, quand on est désigné à l'index parce qu'on a la peau plus sombre ou les yeux moins clairs, quand on est suspecté parce qu'imbibé d'une culture différente, peut-on dés lors parler d'intégration, d'égalité ou de démocratie?.


L'intégration des ressortissants des pays tiers est la pierre angulaire de toute politique migratoire. Les politiques en ce sens de l'Union doivent, par conséquent, désormais penser l'intégration comme objectif final de tous les règlements, lois, résolutions et déclarations que les institutions de l'Union adoptent. Les populations, concernées par ces politiques, sont désormais en situation de peuplement stable et durable. Les concepts de mouvement de population, de territorialité, d'identité, d'appartenance nationale, de participation politique, doivent donc répondre à l'impératif du nouveau citoyen européen responsable et constructeur de l'Europe Unie.

 

Partant de ce principe et de cette nouvelle logique devant normalement prévaloir dans les législations, les réglementations et les politiques sociales des Etats de l'Union, et sans vouloir amoindrir l'importance et l'impact des mesures sociales déjà préconisées par différentes institutions internationales et européennes, il nous semble que le principe constitutif et fondamental sur lequel doit reposer tout le corpus des droits sociaux est celui s'articulant sur les deux substrats de non-discrimination et d'égalité. Il en découle le respect des droits de l'homme, le droit à un cadre de vie décent, le droit à une vie avec des garanties minimum, le droit à l'éducation, le respect de la pluralité culturelle ainsi que tous les autres droits sociaux et politiques.


A cet effet, il est urgent qu'un projet européen intégrateur et émancipateur puisse voir le jour. Son essence doit être d'élargir le champ de la charte sociale européenne, de la charte des droits sociaux fondamentaux des travailleurs ainsi que le droit à la citoyenneté de  l'Union mais également de reconnaître que les migrants et les minorités ethniques, durablement installés en Europe, sont les égaux en droits et en devoirs des citoyens autochtones. Toute mesure spécifique, destinée aux populations issues de la Migration doit répondre à l'impératif de discrimination positive et non l'inverse.


Nous sommes conscients, que cette tendance trouvera des difficultés à se confirmer totalement car la poussée de l'extrême droite dans l'ensemble des pays membres, principalement depuis les événements du 11 septembre, et la pression qu'elle exerce sur les différents gouvernements vont renforcer les mesures d'exclusion sociale, de restriction du droit à la citoyenneté de l'Union comme elles vont faire reléguer le droit de vote aux calendes grecques.


L'intégration n'est pas seulement le problème des immigrés, c'est aussi  celui de la société  européenne dans son ensemble. En conséquence, si on souhaite  que la machine de l'intégration continue  à fonctionner, c'est l'ensemble de la société qui  doit prendre le relais de la part importante de la solidarité internationale assumée actuellement par les immigrés, car le tarissement de l'immigration, combiné avec le processus d'intégration, lui impose de reprendre cette responsabilité en direct.


Il est vrai que nous sommes nombreux à discuter sur l'intégration et que chacun y va de son propre contenu mais nous sommes tous d'avis que l'intégration n'est ni doit être assimilée à un appauvrissement identitaire. Aussi antithétique que cela puisse paraître, elle doit être reconnue comme un enrichissement du pays d'accueil, notamment par l'apport de nouveaux paramètres énergisants. Cependant, cette théorie implique une acceptation mutuelle, caractérisée par un échange intercuturel fortement interpénétrant. L'enrichissement du migrant par son propre métissage avec la culture du pays d'accueil est une idée généralement largement répandue au sein de cette population.


Il est vrai qu'il ne peut y avoir d'intégration sans une réelle insertion sociale dont la citoyenneté de l'Union est un des éléments majeurs. C'est là, le sens de notre revendication du droit de vote aux communales, aux régionales  et aux européennes.


S'il est communément admis que le thème de la migration est une richesse pour les sociétés européennes, il est également perçu en tant que défi et test aux valeurs imprégnant les sociétés d'accueil. En effet, nos contemporains font l'expérience des difficultés de vivre dans une communauté humaine multiculturelle et multiraciale où le sens de la fraternité et le respect de l'autre sont des attitudes morales primordiales dans la vie en société. Attitudes requérant toutefois de sortir de soi et de s'ouvrir au monde.


Nous sommes conscients que l'intégration est un processus à long terme car s'étalant sur plusieurs générations. Cela signifie qu'une attention particulière doit être accordée aux enfants issus de la Migration. Si cela avait été fait depuis les accords de main-d'œuvre des années 60, ce débat n'aurait pas été d'actualité.


Sans s'étaler sur des considérations conceptuelles destinées plutôt à une discussion ou à une spéculation philosophique ou politique, nous pensons que l'action culturelle comme moyen d'intégration mérite notre attention. En effet, nous pensons, qu'à travers les débats sur l'intégration des migrants et des minorités ethniques, on n'a rarement cité les vertus et les possibilités d'intégration de et par l'intégration culturelle.


Lorsque celle-ci prend en compte les originalités positives qui rapprochent les peuples et les individus, elle ne peut manquer en conséquence le brassage qui donne des richesses nouvelles à la culture de toute une nation. Ce brassage est à l'évidence l'un des principes actifs des civilisations passées (et sans doute à venir) qui portent en elles des projets d'épanouissement de l'être humain.


Or, toute vision qui veut intégrer l'élément immigré demeure inopérante et même invalide si elle ne prend pas le soin de s'élaborer aussi sur le champ de la pratique culturelle. La question est de savoir comment éviter les erreurs passées et les sentiers battus ; et comment rendre sa fécondité à ce beau facteur d'inclusion qu'est la culture.


L'action culturelle est une pratique continue, plus au moins consciente d'elle-même, de son espace d'origine et d'accueil, consciente de son temps, favorable et défavorable en comparant le rapport de force dominée et dominant, et puis cette pratique est logiquement liée, d'une façon directe ou indirecte à l'ensemble de l'activité des hommes et des femmes dans une société déterminée. Dans beaucoup de pays de l'Union, pour ne pas dire l'ensemble, on est obligé de lier cette activité avec l'histoire de la présence de l'élément immigré sur le sol de l'Union.

 

L'action culturelle est une condition sociétaire ou sociale puisque son champ est dessiné forcément dans les structures socio-économiques de la cité. Il faudrait d'autre part, une seconde articulation qui permette de dégager la spécificité de cette action, à savoir le sens donné à la culture, parce qu'avec le phénomène de l'explosion des médias, ce qu'on appelle le quatrième pouvoir, on a une remise en question sinon une remise en cause de la notion même de culture.


Au niveau de l'intégration, lorsqu'on dit que l'action culturelle est un moyen d'intégration, il s'agit là, à notre avis, non seulement d'intégrer des éléments étrangers à la société car ils le désirent dans l'ensemble mais également d'intégrer des éléments appartenant à l'ensemble car ils y sont exclus.


Durant les vingt dernières années, et malgré les particularismes institutionnels et sociaux, les Etats membres de l'Union européenne ont donné la priorité aux politiques locales en matière d'intégration des populations issues de l'immigration et des minorités ethniques. Les questions d'intégration se sont vues confiées plus largement aux autorités locales, dans une démarche pragmatique et en vue de mieux gérer la présence d'une population très diversifiées ayant des demandes et des besoins différents et multiples.

 
Cette évolution décrit une transformation du rôle de Etat. L'abandon du centralisme d'état d'un certain nombre de fonctions et de prérogatives au bénéfice du niveau local, dans le cadre de politiques de décentralisation et de déconcentration a été la conséquence inévitable des théories ultra-libérales. Elles ne jurent que par le transfert des prérogatives vers le secteur privé et la démission de l'état de ses fonctions sociales et distributives en se déchargeant sur les autorités locales.

 
Ce contexte donne toute son importance aux politiques locales d'intégration des populations issues de l'immigration et des minorités ethniques. Durant ces dix dernières années, l'Europe a été identifiée comme model social-démocrate de l'intégration. Aujourd'hui, on glisse inexorablement vers le modèle américain dans lequel la régulation interne et l'intégration socioculturelle sont assurées en priorité par le marché.  Les pays de l'Union n'ont pas la même conception de l'intégration malgré les efforts continus de la Commission européenne pour harmoniser leurs politiques d'immigration. Ils n'ont pas non plus les mêmes politiques pour mettre en chantier cette intégration. A l'intérieur d'un même pays, et en fonction des autorités locales, de fortes différences d'orientations peuvent ainsi apparaître.

 
L'observateur en matière d'intégration locale des populations issues de l'immigration constate malheureusement que les politiques locales, mises en œuvre par les pouvoirs locaux, notamment communaux, ne sont pas souvent mises en évidence. Le pouvoir communal, son exercice et ses logiques ne semblent pas susciter l'intérêt des politologues et des sociologues.

 

La raison en est que la réalité de la quotidienneté politique de l'action locale et les enjeux stratégiques économiques et politiques qu'elle met en exergue diffèrent de ceux du cadre national ou européen, autrement plus captivant et plus intéressants pour les médias. Comme si l'évidence de ce lieu local du pouvoir, chargé de "quotidienneté", lui enlevait toute portée en termes de théorie socio-politique !

 

L'intégration  repose sur plusieurs postulats: une interdépendance étroite entre les membres d'une même société dans une dynamique d'échange ; une participation active à l'ensemble des activités de la société et non pas seulement à son économie ou à certains avantages ; l'adhésion aux règles de fonctionnement et aux valeurs de la société d'accueil ; le respect de ce qui fait l'unité et l'intégrité de la communauté dont on devient partie intégrante.


Aujourd'hui, en tant que population issue de l'immigration,  notre devenir est lié non seulement à ce qui se passe au niveau des pays d'accueil mais également au niveau de l'Union européen. En effet, la construction de l'Union européenne avance à vive allure vers une harmonisation de sa politique dans tous les domaines, d'où l'importance d'en interpeller les institutions et les Etats membres sur le rôle et la place de la communauté migrante dans le cadre du nouveau traité "CONVENTION".








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