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L'intérêt du Maroc a à reporter ses prochaines législatives

La Vie économique du 14.11.2006

 

Une analyse objective à partir de la conjoncture actuelle indique qu’un report des législatives est souhaitable. A l’extérieur, et sur le dossier crucial du Sahara, il permettrait au Maroc de convaincre les grandes puissances et les instances de l’ONU du bien-fondé de sa proposition d’autonomie. A l’intérieur, il permettrait de susciter le débat et d’impliquer la société civile.

La perspective des législatives a toujours insufflé un certain enthousiasme dans la vie des partis politiques et de la société civile marocaine. La particularité actuelle est que cette fièvre électoraliste touche pour la première fois la communauté des Citoyens marocains de l’étranger (CME). En témoignent les prises de positions des uns et des autres, les déclarations ou insinuations d’éventuelles alliances entre ceux-ci et ceux-là, etc. Mais, comme à l’accoutumée, le débat sur un projet de société fait défaut.

Dans de telles conditions, toute idée de renvoi de ces législatives pour telle ou telle raison risque de créer des mécontentements au sein de certains partis. Pourtant, si l’on fait une analyse objective à partir de la conjoncture et du contexte marocain actuel, on s’apercevra que le report est non seulement souhaitable, mais il est, à notre modeste avis, dans l’intérêt du Maroc et des Marocains.
Primo, le dossier du Sahara plaide en faveur de ce report. En effet, le Maroc se prépare à déposer son projet d’autonomie auprès des instances de l’ONU, en perspective de la résolution du problème de notre Sahara dans le cadre d’une large autonomie. Pour donner plus de crédibilité à ce projet, il faudrait engager un débat sur les mesures effectives à mettre en place pour conférer à cette politique sa vraie dimension. Parmi ces mesures, il y a le nécessaire amendement de la Constitution actuelle en vue de la rendre conforme à la nouvelle situation.

Secundo, l’ajournement permettra aux partis politiques de tenir leurs assises régionales ainsi que leurs congrès nationaux (sans contrainte de temps) en vue d’adapter leurs statuts aux nouvelles dispositions de la loi sur les partis politiques, et donc de mieux se préparer à une telle éventualité (fédérale).

L’objectif premier de ce report est que le Maroc se donne le temps et les moyens (mobilisation de ses ressources humaines) et de concentrer ses efforts sur la problématique du Sahara qui n’a que trop duré. Convaincre toutes les parties concernées et particulièrement les grandes puissances et les instances de l’ONU du bien-fondé de sa proposition est primordial. Susciter le débat autour de la question en impliquant la société civile sur une question cruciale ne peut que renforcer la légitimité du projet sur cette question. Or, une année est à notre sens assez courte pour convaincre, préparer - et se préparer pour - les élections, amender la Constitution pour qu’elle soit conforme à l’autonomie, susciter le débat, etc. D’où la nécessité du report des législatives prévues pour 2007.

D’ailleurs, à en croire une certaine presse, une poignée de constitutionnalistes marocains et français (dont un conseiller royal) seraient en train d’élaborer une nouvelle Constitution révisée qui va certainement toucher la structure territoriale du Maroc et amorcer une dynamique de décentralisation pour se conformer à la proposition de l’autonomie. Si cela mérite encouragement, cela nécessite également un amendement constitutionnel qui nécessite à son tour un sérieux débat.

Tertio, profiter de ce report pour résoudre les soi-disant «difficultés techniques» qui ont motivé le report de la participation des CME. Car leur participation au champ politique marocain est un droit, garanti par la Constitution et réaffirmé à maintes reprises par le Souverain, notamment dans ses discours du 6 novembre 2005 et du 30 juillet 2006. A cet effet, nous réitérons notre proposition de «commission ad hoc royale» (voir notre site: htpp:// www.cme2007.new.fr)

Quoi qu’on puisse dire, le report des législatives annoncées pour l’année prochaine est susceptible de provoquer un réveil des acteurs de la vie politique marocaine et de faire sortir certains d’entre eux de leur espace fermé. Car ce qui s’est passé le 8 septembre dernier somme les partis politiques de prendre des mesures susceptibles de mettre un terme à de telles pratiques qui risquent de se reproduire lors des prochaines échéances.

Saïd Charchira, universitaire
Source: La Vie Eco



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