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Interview avec Saïd Charchira : "Il faut éviter les copinages"

La Gazette du Maroc  N°514 - 05 Mars 2007

de Abdelmohsin El Hassouni

Directeur du Centre européen d’études et d’analyses sur la migration (Düsseldorf-Allemagne), ancien président du Congrès mondial des MRE, dont il est actuellement membre actif, Saïd Charchira estime que le CCDH doit clarifier ses démarches et donner une idée claire du projet de création du Conseil supérieur des MRE.


La Gazette du Maroc : Avez-vous eu des contacts directs avec des membres du Conseil Consultatif des Droits de l’Homme (CCDH), dans le cadre des concertations pour la création du Conseil Supérieur des MRE ?

Saïd Charchira : Au Congrès mondial des Marocains de l’Etranger, nous avons effectivement été contactés par des membres du CCDH. Nous avons convenu de nous rencontrer au siège du Congrès mondial à Bruxelles. Cela se fera le 15 ou le 16 mars courant.

Mais d’ores et déjà, le Congrès mondial a eu l’occasion d’exprimer certaines critiques quant à la manière avec laquelle le CCDH gère ce dossier.

En effet, sur cette question nous avons un certain nombre d’écrits adressés au CCDH, au ministère chargé des MRE ainsi qu’à la Fondation Hassan II, sans compter les multiples articles de presse. En résumé, nous avons été navrés de voir que la feuille de route proposée par le CCDH ne va nullement vers le fond du problème. La rencontre d’Amsterdam en est une preuve suffisante. Car les thèmes abordés, je pense notamment au rôle des MRE dans le développement du Maroc, leur intégration dans les pays d’accueil, ont été appréhendés à plusieurs reprises auparavant.
Alors que des questions essentielles comme la composition du Conseil supérieur, son organisation et ses prérogatives sont passées sous silence.

L’aspect méthodologique est, en fait, la principale critique que vous avez formulée. Y a-t-il d’autres critiques ?

Ce qui nous a également interpellés c’est le parti pris du CCDH. Nous avons remarqué qu’il s’est entouré de certaines ONG amis. Et nous craignons, justement, que les nominations au sein du Conseil supérieur soient effectuées sur des critères de copinage, qui manquent de neutralité.

En clair, quelles sont vos propositions pour que la neutralité soit justement au rendez-vous ?

Avant de parler de propositions, nous devons savoir de quel genre de structure nous parlons. C’est une question primordiale. En d’autres termes, il va falloir nous dire quel rôle veut-on assigner au Conseil supérieur des MRE, quels rapports va-t-il entretenir avec les autres institutions du pays. Et surtout comment seront choisis ses membres. Seront-ils élus ou nommés? Va-t-on instaurer une parité entre les hommes et les femmes ? Les partis politiques et les ONG vont-ils y siéger? En somme, c’est le flou total. Nous n’avons aucun écrit, ni une proposition concrète, de la part du CCDH qui répond à ces questionnements. Mais déjà, je peux vous dire que nous ne voulons pas que le Conseil supérieur des MRE soit un souk qui se réunit une ou deux fois par an pour lire des discours et les applaudir par la suite.

La question de la représentativité est-elle importante pour une efficacité du futur Conseil. Ne faut-il pas, à votre avis, rechercher la qualité plutôt que la représentativité?

Force est de constater que tout ce qui a été fait, jusqu’à présent, dans le dossier des MRE n’a pas donné ses fruits. Du moins, pas au niveau que les MRE le souhaitent. La raison de cet échec est simple: À aucun moment les cadres Marocains de l’Etranger n’ont été consultés. Si nous voulons que le Conseil supérieur des MRE soit une réussite, il faut consulter tout le monde, bien évidemment, mais surtout gagner l’adhésion de la majorité. Les consultations, pour la forme, ne serviront à rien.
Et si la majorité des MRE soutiennent le projet, la réussite est inéluctable. En clair, il faut que le Conseil accepte, en son sein, toutes les tendances politiques des MRE. Les islamistes, comme les gauchistes, les hommes et les femmes, la nouvelle et l’ancienne génération. C’est à ce moment-là qu’on parlera de compétences. Mais actuellement, aucune stratégie n’a été tracée dans ce sens.Je crains que cela ne soit de la perte de temps, de l’énergie et de deniers publics.

Le Conseil supérieur des MRE pourra-t-il combler un vide sachant que les Marocains de la diaspora sont, aujourd’hui, incapables de se porter candidats et de voter dans leurs pays d’accueil ?

Il s’agit de deux choses totalement différentes. Le Conseil supérieur des MRE, dont nous avons été les premiers à demander la création, va s’attaquer aux problèmes de la migration de manière générale. Ainsi qu’entre autres, à la question du lobbying politique et économique. En revanche, la députation est un droit constitutionnel. Quand un MRE est représenté au Parlement, il ne va pas parler exclusivement des problèmes des immigrés, mais également de tous les soucis des citoyens marocains, des problèmes de développement, de démocratie et de gestion de la chose publique.

Si vous n’obtenez pas satisfaction, après la rencontre avec les responsables du CCDH, allez-vous boycotter le Conseil supérieur des MRE ?

Nous allons déployer tous nos efforts afin de parvenir à une neutralité du CCDH dans la gestion de ce dossier. Mais si nous échouons, et que le CCDH opte pour un cercle d’amis, personnellement je resterais en dehors, tout en aidant, du mieux que je peux. Nous ne sommes pas des négatifs. Nous continuerons toujours à avoir espoir.

 

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